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ENTRETIEN. Renan Luce à Quimper : « Je me sens encore assez connecté à l’enfant que j’étais »  Renan Luce revient avec un album intime, sorti au début de l’été. Il sera à Quimper le 2 novembre 2019, pour un concert avec l’association Mille et un petit prince.

Plus de dix ans après Repenti, Les Voisines ou La Lettre, Renan Luce revient avec un album, sorti au mois de juin, teinté de l’émotion d’une rupture amoureuse. Homme sensible, qui a grandi dans la campagne finistérienne, il imprègne ses chansons d’émotions. Après Alain Souchon

en 2017, il a répondu à l’association Mille et un petit prince, qui œuvre à Quimper (Finistère) pour les enfants hospitalisés.

Pourquoi avez-vous accepté de faire ce concert pour Mille et un petit prince, qui œuvre pour les enfants hospitalisés ?

Il y a deux ans, ils ont fait leur premier concert avec Alain Souchon et ses fils, Pierre et Charles. Charles leur a parlé de moi. Ça s’est fait assez naturellement. Leur démarche est très touchante. Ce sont des gens qui, après la douleur d’avoir perdu un enfant, ont voulu utiliser leur énergie, pour améliorer le quotidien des enfants hospitalisés et des familles. Ce sont des chemins difficiles à vivre, qui nécessitent quand même de rester connecté à la vie, aux bonheurs, au partage… Une démarche hyper simple mais nécessaire.

Vous avez un enfant, à qui vous parlez dans la chanson Berlin. Ces enfants, qu’est-ce qu’ils représentent pour vous ?

Je me sens encore assez connecté à l’enfant que j’étais. Ne serait-ce que dans cette démarche de l’imaginaire, quelque chose que j’ai gardé de l’enfance, le plaisir de raconter des histoires, de se mettre en scène… L’enfance c’est une manière de regarder le monde avec, toujours, de l’émerveillement, de la curiosité.

Vos premières chansons racontent des histoires inventées. Votre dernier album est davantage dans le réel…

Le réel m’a rattrapé. L’imaginaire, j’ai toujours aimé l’utiliser en chanson. J’avais peut-être envie d’ouvrir une autre porte, que je n’avais pas ouverte jusqu’à présent. Plus intime, plus personnelle.

L’imaginaire serait moins intime, alors ?

D’une certaine manière, cela décrit tout de même assez précisément les auteurs, parce que l’imaginaire est toujours raccroché à quelque chose : ses goûts, sa curiosité… J’avais toujours l’impression, même dans les personnages les plus loufoques que je racontais, d’être proche de ce que je suis.

Par exemple, le personnage de Repenti, un ancien mafieux qui s’est rangé ?

En tout cas ça montre ce qui me touche. C’est une chanson sur la solitude, sur un quotidien qui s’installe malgré des événements qu’on ne maîtrise pas ou des choix qu’on a faits. Tout ça est aussi prétexte à de la poésie.

Dans la chanson Enfants des champs, vous parlez de votre propre enfance, que vous avez passée près de Plourin-lès-Morlaix. Racontez-nous.

C’était une enfance à la campagne, au milieu des champs avec beaucoup de liberté. Être à vélo, grimper aux arbres, rêvasser en regardant les collines… Ma première école était en face de la maison, une toute petite école qui a fermé depuis. Une vie très simple rythmée par les saisons.

Vous vivez aujourd’hui à Paris. Arrivez-vous à retrouver cette campagne pour vous ressourcer ?

Je ressens parfois l’absurdité de la vie en ville. Quand on a connu la campagne, il y a une petite déconnexion avec la nature qui ne fait pas toujours sens pour moi. Je viens assez souvent à Saint-Jean-du-Doigt, où j’ai une maison, au milieu d’une ferme, dans les champs. J’avais besoin de retrouver cette manière de vivre. Des bruits, des choses qui m’ont accompagné toute l’enfance.

Dans un de vos titres, vous chantez « On s’habitue à tout ». Après un deuil, amoureux ou d’un proche, comment peut-on « s’habituer à tout », selon vous ?

Mes sentiments étaient assez troubles. J’avais du mal à comprendre ce que je ressentais : tristesse, colère, mélancolie, espoir… Tout ça se mélange. Je les ai mis sur le papier, en chanson. Peut-être que le secret, c’est d’en faire quelque chose. C’est ce qui me rapproche de la démarche de Mille et un petit prince. Eux ont eu à cœur de faire quelque chose avec leur douleur, mais ils en parlent aussi avec une grande envie de se rapprocher des autres. Ma démarche de chanteur, c’est le partage, l’ouverture, l’envie de rassembler les gens.