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Renan Luce. Un homme et un orchestre

Renan Luce était ce mardi à Quimper. Histoire de prendre le pouls du Pavillon. L’artiste y sera en concert le 2 novembre, en formule voix et orchestre symphonique. Un show au profit de l’association Mille et un Petit Prince. Interview.

Votre dernier disque (intitulé sobrement « Renan Luce »), sorti en mai dernier, met en musique des choses intimes, en d’autres termes la séparation avec votre compagne. Peut-on parler d’album-concept introspectif ?

Quand je me suis remis à écrire, après la tournée qui a suivi mon précédent disque, je n’avais pas pour idée de tracer un fil rouge. Mais de chanson en chanson, ce thème de la séparation s’est imposé. Parce qu’il a fini peut-être par occuper aussi tout mon champ de vision. Quand on est confronté à des émotions très fortes, il est difficile de parler d’autre chose. En fait, j’ai essayé d’aborder cette période de ma vie sous des angles différents. Et à des moments différents aussi. Car les émotions évoluent. Notre regard, de fait, change avec le temps. Cet album est une forme de voyage intérieur avec un début et une fin.

L’album propose un tendre et gracieux « Berlin ». Qu’évoque cette chanson ?

Un week-end de trois jours, peu après notre séparation. Histoire de garder un lien. On a parcouru la ville à vélo en mode familial, en prenant le temps. Je ne peux pas dire que je connaisse bien Berlin. Ce que j’en ai gardé, c’est la façon dont on a vécu les choses, à trois. Et partagé quelque chose. C’est au retour de « Berlin » que l’idée m’est venue : son histoire, le mur, la séparation et la réunification…

Le disque s’achève tout de même sur des notes d’espoir avec « A bientôt renouveau ». Expliquez-nous…

L’album est empreint d’une certaine forme de mélancolie. J’avais néanmoins besoin d’écrire cette chanson pour chercher un peu de lumière. Avant même qu’elle n’arrive. Ce qu’on sait de la vie, c’est qu’il y a toujours des ressources à aller chercher. Et des surprises à attendre.

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Renan Luce, au pied du Pavillon : « Ça fait sens, dans ma démarche de chanteur, d’aller vers les gens ». (GILLES CARRIERE)

L’album se caractérise aussi par des arrangements de cordes extrêmement soignés à la François Rauber ou Paul Mauriat qui avaient travaillé respectivement pour Brel et Aznavour. Pourquoi cette démarche ?

Musicalement, je voulais aller aussi vers quelque chose qui me ressemble. La chanson française des années 1960 m’a constitué. C’est elle aussi qui m’a donné l’envie de faire ce métier. Bref, cela faisait sens avec les thèmes abordés dans l’album. L’orchestre a la capacité de sublimer les émotions, à condition qu’il ne fasse pas crème Chantilly. C’est un peu paradoxal : un orchestre recentre beaucoup sur le chanteur. Je me suis entouré d’un arrangeur de talent, Romain Trouillet, avec qui j’ai instauré un long dialogue. On a fait beaucoup d’essais pour trouver la bonne couleur.

Vous serez sur scène flanqué du Sinfonia Pop Orchestra. En quoi consiste cette formation ?

 

C’est une formation de jeunes musiciens à Paris qui joue aussi bien du ciné-concert que du Disney. Je voulais prolonger les couleurs de l’album sur scène. Un orchestre qui pousse les chansons apporte une forme de magie : ça donne quelque chose d’assez fort qui me porte beaucoup à condition de respecter la démarche du disque. Il y a un challenge pas très courant et pas forcément si facile à monter. J’avais vraiment cœur d’y arriver. On sera seize sur scène : neuf cordes, trois vents sans oublier un trio un peu jazz (piano, contrebasse, batterie) qui fait l’ossature des chansons. Et ma voix bien entendu. On a joué une fois sous cette forme, l’été dernier, aux Francofolies.

Proposerez-vous toutes les plages de votre dernier disque ?

Presque ! Ça sera moitié nouvel album, moitié vieux morceaux. Il y aura le plaisir de chanter les anciennes chansons, réorchestrées, avec un nouveau costume ! Sans les dénaturer, en allant chercher quelque chose de neuf. En privilégiant probablement le texte à l’énergie.

Il y a deux ans, ici même au Pavillon, Mille et un Petit Prince avait invité Alain Souchon. Ce dernier vient de sortir un nouvel album, splendide d’un bout à l’autre. L’avez-vous écouté ?

Oui, il y a vraiment des perles dedans ! C’est la force de sa poésie qui est à la fois toujours lumineuse, juste et très attachante. Et si personnelle ! Il y a une jolie fraîcheur. Et des chansons qui m’accompagneront longtemps !